Ileana Moro & Marius Ritiu : deux artistes, un couple et les cofondateurs du studio Allienim.
Ileana Moro aborde la peinture comme une forme d’introspection, où l’image devient le reflet de la vie intérieure. Son œuvre se déploie comme un journal visuel, explorant les émotions, l’existence et les forces invisibles qui façonnent l’expérience humaine. Guidée par son intuition, elle trouve un équilibre entre maîtrise et abandon, laissant les formes émerger de manière organique. À travers la lumière et l’ombre, ses peintures ouvrent des espaces contemplatifs qui invitent à un dialogue intime et personnel.
Marius Ritiu oscille entre sculpture et narration, créant des récits ouverts qui invitent le spectateur à les compléter dans son esprit. Sa pratique explore les thèmes des frontières, de la nation et de l’identité collective. Travaillant principalement le cuivre, il utilise une technique intuitive pour façonner des formes sculpturales qui réfléchissent sur la connexion, le mouvement et l’expérience humaine partagée.
AVANT DE COMMENCER À TRAVAILLER, QU'EST-CE QUI VOUS AIDE À VOUS RECONNECTER À VOUS-MÊME ?
I /
Avant de me mettre au travail, je ralentis le rythme grâce au silence et à la solitude. Cela m'aide à apaiser mon système nerveux et à revenir à moi-même. Dans ces moments de calme, je renoue avec mon for intérieur, parfois en tenant le collier de ma mère.
M /
Avant de commencer à travailler, j'ai généralement besoin d'un moment pour me reconnecter à quelque chose de très simple et de très physique. Il y a un petit morceau de cuivre que je porte sur moi depuis des années. Il n’a aucune signification symbolique, mais son poids et sa douceur m’ancrent. Je le tiens, le fais tourner dans ma main, sens sa température changer.
Ce petit geste remet tout à zéro. Il me sort du bruit qui m’entoure et me plonge dans un état d’esprit plus lent, plus intentionnel. Cela me rappelle que la création commence par la présence, pas par la pression.
AVANT DE COMMENCER À TRAVAILLER, QU'EST-CE QUI VOUS AIDE À VOUS RECONNECTER À VOUS-MÊME ?
I /
Avant de me mettre au travail, je ralentis le rythme grâce au silence et à la solitude. Cela m'aide à apaiser mon système nerveux et à revenir à moi-même. Dans ces moments de calme, je renoue avec mon for intérieur, parfois en tenant le collier de ma mère.
M /
Avant de commencer à travailler, j'ai généralement besoin d'un moment pour me reconnecter à quelque chose de très simple et de très physique. Il y a un petit morceau de cuivre que je porte sur moi depuis des années. Il n’a aucune signification symbolique, mais son poids et sa douceur m’ancrent. Je le tiens, le fais tourner dans ma main, sens sa température changer.
Ce petit geste remet tout à zéro. Il me sort du bruit qui m’entoure et me plonge dans un état d’esprit plus lent, plus intentionnel. Cela me rappelle que la création commence par la présence, pas par la pression.
LE DIALOGUE ENTRE CONTRÔLE ET LÂCHER-PRISE.
I /
Oui, cette tension est très présente dans mon processus. Je commence généralement par le contrôle, mais il arrive un moment où le tableau commence à parler. Je prends du recul et j’écoute, en essayant de comprendre ce qu’il me demande. À ce stade, je me permets de lâcher prise et de suivre le dialogue qui se dessine.
M /
Tout à fait. Le métal est un compagnon patient mais qui a son mot à dire. On peut le guider, le façonner, le pousser vers une certaine idée, mais il n’obéira pas aveuglément. Il y a toujours ce jeu de va-et-vient : mon intention contre la nature du matériau. Au début de ma carrière, j’ai essayé de dominer le processus, mais j’ai fini par
apprendre que les œuvres les plus fortes naissent lorsque je laisse de la place à l’imprévisible. Lâcher prise, ce n’est pas capituler ; c’est écouter. Lorsque le matériau commence à suggérer sa propre direction, j’essaie de suivre ce fil. Ce dialogue donne vie à l’œuvre.
LE DIALOGUE ENTRE CONTRÔLE ET LÂCHER-PRISE.
I /
Oui, cette tension est très présente dans mon processus. Je commence généralement par le contrôle, mais il arrive un moment où le tableau commence à parler. Je prends du recul et j’écoute, en essayant de comprendre ce qu’il me demande. À ce stade, je me permets de lâcher prise et de suivre le dialogue qui se dessine.
M /
Tout à fait. Le métal est un compagnon patient mais qui a son mot à dire. On peut le guider, le façonner, le pousser vers une certaine idée, mais il n’obéira pas aveuglément. Il y a toujours ce jeu de va-et-vient : mon intention contre la nature du matériau. Au début de ma carrière, j’ai essayé de dominer le processus, mais j’ai fini par
apprendre que les œuvres les plus fortes naissent lorsque je laisse de la place à l’imprévisible. Lâcher prise, ce n’est pas capituler ; c’est écouter. Lorsque le matériau commence à suggérer sa propre direction, j’essaie de suivre ce fil. Ce dialogue donne vie à l’œuvre.
QUEL MATÉRIAU OU QUEL PROCÉDÉ VOUS DONNE L'IMPRESSION D'ÊTRE UNE EXTENSION DE VOUS-MÊME ?
I /
J'entretiens une relation amour-haine avec la peinture. Parfois, cela me semble naturel, d'autres fois, c'est un véritable défi. Je n’ai jamais abordé les matériaux d’un point de vue très technique, mais je suis attiré par la texture du lin lorsque la peinture à l’huile le touche. Les couleurs commencent à prendre forme presque d’elles-mêmes, et le processus devient une extension de mon subconscient, une façon d’essayer de comprendre ce qui se passe en moi.
M /
Marteler le métal est devenu pour moi presque une seconde nature. La répétition du geste, le rythme, le son, le recul m’apaisent comme rien d’autre ne le fait. C’est à la fois physique et contemplatif. Le cuivre, en particulier, me semble être le prolongement de mon propre tempérament. Il réagit à la pression, à la chaleur, à l’oxydation, au temps ; il enregistre chaque interaction. La façon dont il change progressivement, même une fois l’œuvre
terminée, me rappelle que rien n’est jamais statique. Je pense que c’est pour cela que je suis sans cesse attiré par lui : il reflète la transformation plutôt que de s’y opposer.
QUEL MATÉRIAU OU QUEL PROCÉDÉ VOUS DONNE L'IMPRESSION D'ÊTRE UNE EXTENSION DE VOUS-MÊME ?
I /
J'entretiens une relation amour-haine avec la peinture. Parfois, cela me semble naturel, d'autres fois, c'est un véritable défi. Je n’ai jamais abordé les matériaux d’un point de vue très technique, mais je suis attiré par la texture du lin lorsque la peinture à l’huile le touche. Les couleurs commencent à prendre forme presque d’elles-mêmes, et le processus devient une extension de mon subconscient, une façon d’essayer de comprendre ce qui se passe en moi.
M /
Marteler le métal est devenu pour moi presque une seconde nature. La répétition du geste, le rythme, le son, le recul m’apaisent comme rien d’autre ne le fait. C’est à la fois physique et contemplatif. Le cuivre, en particulier, me semble être le prolongement de mon propre tempérament. Il réagit à la pression, à la chaleur, à l’oxydation, au temps ; il enregistre chaque interaction. La façon dont il change progressivement, même une fois l’œuvre
terminée, me rappelle que rien n’est jamais statique. Je pense que c’est pour cela que je suis sans cesse attiré par lui : il reflète la transformation plutôt que de s’y opposer.
COMMENT VOYEZ-VOUS LES OBJETS COMME DES OBJETS AVEC LESQUELS ON VIT, PLUTÔT QUE SIMPLEMENT COMME DES OBJETS QUE L’ON OBSERVE ?
I /
Je mène une vie assez simple et je ne m’encombre pas de beaucoup d’objets. Mais quand j’en ai, ils ont généralement une signification particulière. Je les porte lors de moments importants, et ils me donnent en quelque sorte l’impression de renaître, comme un petit rituel.
M /
Je trouve cette idée magnifique. Lorsqu’un objet s’intègre au quotidien de quelqu’un, qu’il le touche distraitement, qu’il repose contre sa peau, il acquiert une seconde vie. Il cesse d’être un simple objet et devient un témoin. Les marques, les rayures et la patine qu’il accumule sont les traces de la personne qui le porte. Pour moi, c’est le destin le plus significatif pour une œuvre : être portée, et pas seulement regardée. En un sens, le propriétaire devient le collaborateur final.
COMMENT VOYEZ-VOUS LES OBJETS COMME DES OBJETS AVEC LESQUELS ON VIT, PLUTÔT QUE SIMPLEMENT COMME DES OBJETS QUE L’ON OBSERVE ?
I /
Je mène une vie assez simple et je ne m’encombre pas de beaucoup d’objets. Mais quand j’en ai, ils ont généralement une signification particulière. Je les porte lors de moments importants, et ils me donnent en quelque sorte l’impression de renaître, comme un petit rituel.
M /
Je trouve cette idée magnifique. Lorsqu’un objet s’intègre au quotidien de quelqu’un, qu’il le touche distraitement, qu’il repose contre sa peau, il acquiert une seconde vie. Il cesse d’être un simple objet et devient un témoin. Les marques, les rayures et la patine qu’il accumule sont les traces de la personne qui le porte. Pour moi, c’est le destin le plus significatif pour une œuvre : être portée, et pas seulement regardée. En un sens, le propriétaire devient le collaborateur final.
LES BIJOUX PEUVENT ÊTRE INTIMES ET EXPRESSIFS. REFLÈTENT-ILS CE QUE VOUS RESSENTEZ ?
I /
Oui, tout à fait. Je me surprends souvent à toucher mes bijoux quand je parle. Cela me procure un sentiment d’ancrage. J’ai besoin de tenir ou de toucher quelque chose, et les bijoux deviennent pour moi ce petit point d’ancrage, presque comme un refuge.
M /
Je n’en porte pas beaucoup, mais quand j’en porte, c’est généralement quelque chose qui a une histoire ou qui sort de l’ordinaire. En ce moment, je porte une boucle d’oreille avec une croix. Elle est petite, mais elle a un effet ancrant, comme un repère personnel. Les bijoux que je choisis sont rarement décoratifs ; ce sont plutôt des objets que j’ai envie d’avoir sur moi, selon mon état d’esprit ou mes émotions. Parfois, c’est une question d’identité, parfois de réconfort, parfois simplement le fait de porter un bijou qui résonne avec la journée.
LES BIJOUX PEUVENT ÊTRE INTIMES ET EXPRESSIFS. REFLÈTENT-ILS CE QUE VOUS RESSENTEZ ?
I /
Oui, tout à fait. Je me surprends souvent à toucher mes bijoux quand je parle. Cela me procure un sentiment d’ancrage. J’ai besoin de tenir ou de toucher quelque chose, et les bijoux deviennent pour moi ce petit point d’ancrage, presque comme un refuge.
M /
Je n’en porte pas beaucoup, mais quand j’en porte, c’est généralement quelque chose qui a une histoire ou qui sort de l’ordinaire. En ce moment, je porte une boucle d’oreille avec une croix. Elle est petite, mais elle a un effet ancrant, comme un repère personnel. Les bijoux que je choisis sont rarement décoratifs ; ce sont plutôt des objets que j’ai envie d’avoir sur moi, selon mon état d’esprit ou mes émotions. Parfois, c’est une question d’identité, parfois de réconfort, parfois simplement le fait de porter un bijou qui résonne avec la journée.
QU'EST-CE QUI VOUS ATTIRE DANS UNE CRÉATION LVK ? LA FORME, LA MATIÈRE OU L'ÉMOTION ?
I /
Je choisirais la bague EPOC Ring 01 en argent. C'est surtout la forme qui m'attire. C'est un objet minimaliste, à la fois sobre et complexe, et je n'avais jamais rien vu de tel auparavant. Le lien est immédiat, plus instinctif que réfléchi.
M /
Je suis attiré par la façon dont Lore équilibre la clarté et la douceur. Ses pièces ont des lignes fortes et délibérées, mais elles ne semblent jamais froides ou distantes. Il y a toujours une trace de la main, une subtile irrégularité qui donne vie au métal. Si je devais choisir une pièce, ce serait celle qui contient cette tension : une forme épurée mais chargée d’une émotion discrète. Je m’intéresse aux objets qui semblent avoir été distillés plutôt qu’aux pièces perfectionnées, ceux qui laissent place à la fois à la structure et à l’ouverture. Le travail de Lore se situe souvent exactement à cet endroit.
QU'EST-CE QUI VOUS ATTIRE DANS UNE CRÉATION LVK ? LA FORME, LA MATIÈRE OU L'ÉMOTION ?
I /
Je choisirais la bague EPOC Ring 01 en argent. C'est surtout la forme qui m'attire. C'est un objet minimaliste, à la fois sobre et complexe, et je n'avais jamais rien vu de tel auparavant. Le lien est immédiat, plus instinctif que réfléchi.
M /
Je suis attiré par la façon dont Lore équilibre la clarté et la douceur. Ses pièces ont des lignes fortes et délibérées, mais elles ne semblent jamais froides ou distantes. Il y a toujours une trace de la main, une subtile irrégularité qui donne vie au métal. Si je devais choisir une pièce, ce serait celle qui contient cette tension : une forme épurée mais chargée d’une émotion discrète. Je m’intéresse aux objets qui semblent avoir été distillés plutôt qu’aux pièces perfectionnées, ceux qui laissent place à la fois à la structure et à l’ouverture. Le travail de Lore se situe souvent exactement à cet endroit.